vendredi 15 septembre 2017

Exposition de Stéphanie Roland Home Oxymoron



Dans le cadre de la Biennale Watch This Space 9 organisée par le réseau 50° Nord autour de la création émergente contemporaine, Lieux-Communs présente l’exposition Home Oxymoron de Stéphanie Roland. De Beauvais à Bruxelles, en passant par Dunkerque, Lille ou encore Namur, la Biennale se déploie autour d’événements et expositions sur tout le territoire franco-belge. Lors de l’édition précédente , l’exposition de Marion Fabien organisée par Lieux-Communs avait obtenu un des deux prix de la Biennale.
Stéphanie Roland (1984) est une des jeunes photographes belges les plus prometteuses de sa génération. Elle vient d’exposer à la Biennale de Venise au Pavillon de l’Antarctique. Auparavant, elle avait réalisé des expositions personnelles au Botanique, à la Résidence Corazón (Buenos Aires), à la Fondation Forum (Tarragone), à la Biennale de photographie de Liège... Pour Lieux-Communs, elle a déjà participé à une exposition à l’église Saint-Loup de Namur Les Confessions en compagnie notamment de Koen Vanmechelen. Cette artiste a également été choisie par Simon Baker, conservateur pour la photographie et l'art international à la Tate Modern (Londres) comme nominée au prix international HSBC pour la photographie 2014. Elle a exposé en Espagne, aux Etats-Unis, en Finlande, en France, en Pologne, en Roumanie…
Formée à La Cambre, Stéphanie Roland brouille les frontières ainsi que les repères traditionnels entre la réalité et la fiction, dans ses travaux photographiques, ses installations et ses vidéos.
Sa nouvelle exposition Home Oxymoron aborde la question de la construction d’un foyer, celui-ci est vu à la fois comme un lieu de refuge fantasmé mais aussi comme un terrain de contradictions et d’oppositions. L’artiste, qui vient de réaliser son premier film, y crée un espace hybride situé aux frontières du cinéma, de la littérature et de l’art contemporain. Au fur et à mesure de l’exposition, l’univers de la famille se heurte à des éléments extérieurs antagonistes et à une déshumanisation croissante. Il se déstructure et pourtant, nourri par ses tensions internes, parvient à se réinventer dans de nouvelles formes narratives.
www.stephanieroland.be


Lieux-Communs / Galerie Short Cuts
Rue Simon Martin, 2
5020 Champion
Exposition ouverte les samedis de 12 à 18 h ou sur rendez-vous.
Du 6 au 22 octobre, ouverture les vendredis, samedis et dimanches de 11 à 18 h.





samedi 27 mai 2017

Exposition d'Erika Vancouver - Deux maisons



Erika Vancouver, née à Verviers, est diplômée de l’ERG à Bruxelles (Master en arts plastiques - 2009).
Son travail est traversé par les questions d'’identité, d'individualité et de communauté.
Erika Vancouver a exposé au Musée de la Photographie de Charleroi, à la Centrale for contemporary art, à Contretype ainsi qu’en France, en Espagne, au Portugal …
Elle a publié « Les petites filles de Salvatore » en 2016 chez Arp2 Editions.
 

« Ma pratique, centrée sur l’humain, se partage entre recherches volumiques et captures photographiques. Les notions d’identité et de mémoire familiale sont au cœur de mes préoccupations. Dans mes installations, je fais se côtoyer des images et des pièces sculpturales. 
L'installation que je propose à la Galerie Short Cuts questionne notre lien à la maison natale, et par extension à notre mère.
Mon installation comprend des images extraites de deux de mes séries, la série « Natala », consacrée à la maison natale de ma mère en Pologne, et la série « Maison du Commerce », consacrée à la maison ou j'ai grandi à Bruxelles. »
 

Natala est le prénom de ma mère. En Pologne, au début des années 70, à 25 ans et toujours pas mariée, elle quitte la maison familiale pour construire sa vie à l’ouest. Jeune-fille au pair en Belgique, elle rencontre Max dans un train. Il vient d’ouvrir son commerce, une sellerie à Bruxelles.
Enfants, ma sœur et moi passions une semaine, l’été, dans la maison de notre grand mère polonaise. Puis, plus rien.
25 ans plus tard, je refais la route avec ma mère et ma nièce, qui découvre à son tour cette maison si souvent fantasmée.
 

La série « Maison du Commerce » a été réalisée dans la maison où j’ai grandi à Bruxelles.
Cette maison, partiellement vidée, abritait aussi la sellerie de mes parents, véritable organisatrice de la vie de famille.
Avec ces images, je voulais fixer quelque chose de ce socle devenu évanescent depuis la retraite de mes parents. Me pencher sur les restes de cet univers à la fois proche et lointain.
 
Dans l'installation, deux sculptures souples, et des objets provenant de l'univers équestre de ma maison natale,  viennent dialoguer avec les photographies.
Le point de départ des sculptures est la réinterprétation en tissu du cheval de démonstration,  point d’orgue de la vitrine du commerce parental. Je m’approprie et transforme ces matériaux réservés pendant mon enfance aux activités de couture de ma grand-mère, qui confectionnait des articles d’équitation pour chevaux et cavaliers, et à l’occasion des vêtements de ville.
Ces matériaux me donnent la possibilité de modeler un imaginaire qui intègre expériences corporelles et vie psychique.
 


 Lieux-Communs / Galerie Short Cuts

Rue Simon Martin, 2 à 5020 Champion

Exposition du 9 juin au 17 septembre 2017
Samedi 14.00 - 18.00 en juin et septembre
ou sur rendez-vous
entrée libre 




 





dimanche 26 mars 2017

Exposition de Julien Morel : Brève image du monde



"
L’asbl  Lieux-Communs présente à la Galerie Short Cuts du 22 avril au 28 mai 2017 l’exposition de Julien Morel Brève image du monde.

Formé aux Beaux-Arts de Saint-Etienne (France), Julien Morel s’intéresse dans sa pratique artistique au patrimoine industriel et à l’architecture. Il a ainsi été en résidence dans différentes régions européennes dont le paysage est marqué par la révolution industrielle.

Par ailleurs, Il travaille aussi sur une encyclopédie symbolique (et non plus scientifique) à partir de fausses planches. Il s’appuie donc sur l’Encyclopédie, qui est pour lui le symbole de l’humanisme de la Renaissance, mais surtout le modèle culturel sur lequel les sociétés occidentales se sont construites. Aujourd’hui, les progrès scientifiques et technologiques nous obligent à la spécialisation et paradoxalement, selon l’artiste, à l'approximation. Julien Morel avait participé à l’exposition Espèces d’espaces qui s’était tenue en 2016 aux Anciens abattoirs de Bomel (Namur).

"Je travaille sur la culture, sur ce qui nous constitue comme être social.
Ainsi lorsque Roland Barthes, nous invite à penser que le « mythe est une forme », reste à savoir quelles formes pourraient  incarner cette histoire qui nous compose.
J’ai ainsi tenté de matérialiser des mythologies qui nourrissent le monde occidental. Ces mythologies collectives se mêlant à nos « mythologies individuelles » (Harald Szeemann) m’ont amené à utiliser une forme encyclopédique, d’abord en référence au savoir humaniste mis en forme par Diderot et d’Alembert, mais aussi à la notion « d’encyclopédie du tout monde » d’Edouard Glissant et  la Manga de Hokusaï. Je cherche à la fois  l’universalité toute occidentale d’une mythologie humaniste et la forme personnelle dans laquelle elle s’incarne et devient figure (la figure étant définie comme un mythe incarné dans une forme plastique circonscrite).
Comment donner une image d’un savoir, d’une culture ?
J’essaie de retrouver, à l’image d’un Montaigne dans la tour de son château ou d’un Goethe retranché dans sa citadelle intérieure, l’essence d’un être, et comment cette essence peut par l’expression de sa mythologie, interagir avec d’autres ; de donner une image de ce qui me compose en tant qu’être et héritier d’une culture particulière, de le révéler, de la reconnaitre afin qu’advienne une figure multiple, polymorphe (car il me semble que la figure mythologique habituellement si caricaturale et autosuffisante est beaucoup plus complexe et ouverte que ce qui nous est inculqué) qui n’a d’autre ambition que d’entrer en dialogue avec les figures mythologiques de l’altérité.


Comme vous allez le constater les thèmes sont issues à la fois des arts et techniques et des catalogues naturalistes, de l’univers industriel aux planches d’entomologies, de bâtiments en perditions à l’ossuaire… . 
Chacun des thèmes est décliné en série afin de renforcer cette impression de collection, elles se composent au minimum de 8 pièces jusqu’à 60 pièces. Nous errons entre le cabinet de curiosité introspectif et l’accumulation d’un savoir improbable.
Et c’est dans cette espace que la rencontre peu advenir.
Dans un même élan, ce travail convoque des personnalités modernes et contemporaines pour une approche de la contemporanéité.
Je pense ici à M. Walter Benjamin et à son âme de collectionneur qui décrivait l’aspect révolutionnaire du suranné, mais aussi à l’intempestif nietzschéen qui se rentrouvre en parti dans ces propos de Giorgio Agemben :
« Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n’adhère à ses prétentions, et se définit en ce sens, comme inactuel. »


Ces notions entrainent ma pratique artistique du côté de l’Encyclopédie et de la collection.
 La multiplication et la multiplicité des figures constituent l’alphabet d’une histoire à conter. La force du dessin est de donner à lire une œuvre qui ne s’impose pas au regardeur mais lui propose de questionner sa propre mythologie. Dans un même mouvement, elle est une tentative de réflexion autour d’une mythologie du progrès mortifère. 
En effet il me semble que tout un pan de la culture issue des lumières est la matérialisation d’une sorte de « pulsion de mort », on épingle des insectes, on dissèque des grenouilles, on formole des bizarreries. L’entomologie, la botanique …, nous laisse un arrière gout de sang dans la bouche.
« La botanique, c’est l’art de sécher les plantes entre les feuilles de papier, et de les injurier en grec et en latin. » (Alphonse Karr, romancier et journaliste (1808-1890)
Chacun d’entre nous est travaillé par un fond mythologique nous rappelle Michel Tournier, il s’agit maintenant de le faire surgir et de le confronter aux autres, c’est un art du voyage et de l’échange, de la vie" Julien Morel

Lieux-Communs / Galerie Short Cuts
Rue Simon Martin, 2 à 5020 Champion
Samedi 14.00 - 18.00 entrée libre 
ou sur rendez-vous
galerieshortcuts@hotmail.be














dimanche 12 février 2017

Exposition de Nathalie Hannecart - La Maison d'Astérion



 

Dans ce travail, ou dans le ventre d’un labyrinthe photographique, j’explore de manière très frontale les murs de Salamanque, Ouro Preto, Valparaíso, Londres, Lisbonne, Paris, Berlin, Cracovie, Wroclaw, Prague, Doel, Namur… Ces images de pans de murs sont issues de déambulations dans les rues dérobées de villes, dédales saturés de présence et d’absence.
Les petits objets photographiques installés sur le papier comme autant de fausses gravures, de fragments déchiquetés, d’estampes d’émulsion photosensible, évoquent des cartes imaginaires de milieux urbains. Ils dressent de petits répertoires infidèles des quartiers, qui témoignent d’un monde en constant effacement et renouvellement. La question posée est celle de l’étrangeté ordinaire des choses du réel. Mais la proposition est aussi d’élaborer, à partir des images, sans mots, des fables improbables, de petites fictions visuelles, pour tenter de meubler d’autres pièces de la mémoire.
Graphes, interstices, effacement, fragments… Voici un petit butin de maraudeur, qui chemin faisant, emporte dans sa besace les reliefs des strates déposées. Ces traces sont inscriptions et miroirs d’une urbanité poétique et violente, qui à la fois alimente et ronge.
La photographie apparaît, dans ce parcours urbain, en tant que souvenir « palimpseste », souvenir « intertexte », car tout entremêlé des empreintes des autres et du temps.
Elle traite aussi d’une errance en quête de soi et de l’autre. La ville, en tant que labyrinthe, propose un jeu infini, celui de se perdre encore et encore, de passer 14 fois par le même endroit, d’y repasser encore. De mur en mur, on évolue dans un temps circulaire, les portes ne sont que leurres, elles ouvrent sur d’autres murs. Quel sens donner à des murs qui promettent une sortie en trompe l’œil ?
Solitude, répétition… De quelles questions se nourrit l’habitant du labyrinthe, Astérion, le Minotaure ? A quelles occupations vaque-t-il quand il n’est pas confronté aux hommes ? Quels sont ses jeux ? Quels sont ses rêves, ses désirs, ses angoisses ? Mur après mur, trouve-t-il sa paix ? Que signifie le monde en dehors des murs ?
Le Minotaure peut-il se défendre d’être prisonnier de son espace ? 
Un mur ressemble-t-il à un autre mur ? Passer 14 fois par le même endroit mène-t-il à se retrouver ou à se perdre ? Trouve-t-on au bout d’un temps le lien entre une pièce et une autre pièce, un passage et un autre passage ?
Suivre minutieusement les traces sur les murs permet-il de résister à la nausée, d’oublier l’infinité des galeries et des couloirs, de s’extraire de la circularité ? Est-ce aller à la rencontre de l’autre, de celui qui a laissé la trace ? Ou est-ce prendre acte de son absence ? Cela signifie-t-il s’enfoncer plus encore dans les entrailles du labyrinthe, pour que la perte soit sûre, rémédiable?  
Ce labyrinthe est refuge, espace à découvrir, monde intérieur, mais condamne aussi à l’errance à la recherche de soi.