mercredi 1 janvier 2014

Stéphanie Roland "La Cité idéale"


L’asbl Lieux-Communs présente, du 10 janvier au 21 février 2014,  à la Galerie Short Cuts l’exposition « La Cité idéale » de la photographe Stéphanie Roland. Pendant l'exposition à Namur, elle a été choisie par Simon Baker, conservateur pour la photographie et l'art international à la Tate Modern (Londres) comme une des 10 nominées au prix international HSBC pour la photographie 2014. 
  
L’utopie, terme inventé par Tomas More en 1516, et la quête d’une cité idéale, sont des concepts très présents dans la création littéraire, le débat politique, les réflexions artistiques et architecturales en Occident, particulièrement depuis le XIXème  siècle.
 


« Le XXe siècle n’a pas été tendre avec l’utopie : d’une part, il a eu raison de la croyance en un progrès continu et automatique, en montrant, en particulier avec le nazisme, que de brutales régressions vers la barbarie sont toujours possibles ; d’autre part, la grande utopie alternative de la construction de la société communiste n’a pas tenu ses promesses. D’autres utopies ont pourtant déjà pris le relais, selon des modalités très variées. Au tournant du millénaire, l’extraordinaire développement des techniques de traitement de l’information paraît réactiver les espérances utopiques : des possibilités d’expression et d’échange sont massivement offertes aux internautes dans des conditions de très grande liberté, et certains pensent qu’une nouvelle forme "d'intelligence collective” aux dimensions planétaires est en train d’émerger. D’autres utopies, portant sur les manières d’habiter, de travailler, de vivre ensemble, surgissent de manière récurrente, pour aller au-delà des modèles dominants. Quoi qu’on en pense, il est clair que la démarche utopique n’est pas près de s’éteindre, et que "l’imagination sociale” est une dimension constitutive de la vie en commun»  
Lyman Tower Sargent « Utopie, la quête de la société idéale en Occident »

C’est cette vaste thématique que la photographe Stéphanie Roland a choisi d’explorer dans son exposition « La Cité idéale ».
Incarnation intellectuelle et physique de l’utopie, le terme de Cité idéale  signifie une ville qui est développée conceptuellement avant d’être construite physiquement.
Sa construction est le résultat d’une volonté intellectuelle unifiée, contrairement aux Cités spontanées, qui se développent graduellement sur base de nombreuses décisions différentes, donc parfois de manière organique et anarchique. Du point de vue de Stéphanie Roland, ce paradoxe peut aussi être une métaphore de la construction mentale d’une image ainsi que des choix artistiques que cette construction implique.
 

Le projet Ideal city se développe autour de ce paradoxe et traite donc des notions d’utopie, de dystopie et d’anticipation. La représentation de l’avenir révèle beaucoup sur notre présent et notre rapport à notre propre société. La science-fiction met en lumière des questions existentielles actuelles: la survie dans un monde post-apocalyptique, la représentation muséale de notre civilisation, l’observation de l’ailleurs, des étoiles et des galaxies ainsi que la perception de l’infini.
 

Stéphanie Roland présente, à la Galerie Short Cuts, ce projet qui est le fruit d’un travail récemment réalisé  lors d’une résidence d’artiste dans un village espagnol isolé du monde.
Le concept de fiction est central dans ce travail, il est présent à la fois dans la thématique et également dans les procédés de création des photographies, ce qui les rend presque tautologiques, cette science-fictionnalisation  de l’image agit au sein même du medium photographique. Ces images créent un doute chez l’observateur et distillent la sensation d’un paradoxe temporel.

Formée à La Cambre, Stéphanie Roland brouille les frontières ainsi que  les repères traditionnels entre la réalité et la fiction, dans ses travaux photographiques, ses installations et ses vidéos
Elle introduit une forme d’irréalité et de mystère qui crée un univers troublant et dérangeant.
Dans sa série précédente Enfants modèles, elle revisitait de manière sombre, hypnotique  et inquiétante le monde de l’enfance.
« J’utilise la photographie et les moyens de communication contemporains (retouches photo, programmation informatique, réseaux sociaux) pour appréhender, sous de nouvelles perspectives, des thématiques telles que la mort, la mémoire ou l’autorité. Mon objectif est de créer un corpus de travail qui brouille les repères et différences entre réalité et fiction photographique et recrée donc une nouvelle réalité photographique où la notion classique de temps s’est brouillée »
 
Elle a réalisé des expositions personnelles au Botanique, à la Résidence Corazón (Buenos Aires), à la Fondation Forum (Tarragone).
Pour Lieux-communs, elle avait déjà participé à une exposition à l’église Saint-Loup de Namur « Les Confessions » en compagnie notamment de Koen Vanmechelen.
Elle a participé à des expositions collectives en Espagne, aux Etats-Unis, en Finlande, en France, en Pologne, en Roumanie…
Lauréate de plusieurs prix, elle vient d’obtenir en 2013 deux bourses de la Fondation Vocatio et de la Fondation Spes.

 
Galerie Short Cuts- Cinéma Forum

Rue du belvédère, 41 à 5000 Namur

mercredi de 14 à 21h
jeudi 18 à 21h
vendredi 18 à 21h
samedi 14 à 21h
 dimanche 14 à 20h

 Entrée Libre

 
" Intellectual and physical incarnation of Utopia, the term Ideal city
means a city which is conceptually developed before being physically built, and its foundation is the result of a unified intellectual will.
Unlike the spontaneous cities, which develop gradually as needed
depending on many decisions, so organically and sometimes anarchic. In my sense that paradox can also be a metaphor for the mental construction of a picture as well as the artistic choices that this construction involves. The serie Ideal city therefore deals with utopia, distopia and anticipation.
I'm interested in how the representation of Future can reveal us a lot about our Present. Diverse science fiction topics bring to light actual existencial issues: the character searching to survive in a post-apocalyptic world, the representation of our civilisation as an antique, a world transformed by meteorological changes.
In this serie, my works blurs the boundaries between reality and fiction, I create a tautologic science-fictionalisation of the pictures inside the medium itself.
I collaborate with scientists and make researchs in order to connect Art and Science. I specially focus on all technology that can enrich classical ways to create pictures while remaining in the field of the photographic mimesis."
Stéphanie Roland

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