jeudi 16 janvier 2014

Karen Vermeren - Sarkofagen - intégration artistique permanente

Lieux-Communs axe son attention sur l’art urbain et insère dans l’espace namurois des peintures murales, des interventions artistiques, des œuvres permanentes, reflets de la création contemporaine nationale et internationale.

Depuis 2012, trois œuvres ont été réalisées et sont les bases d’un maillage artistique contemporain au quotidien de la ville de Namur.
L’artiste polonaise Ania Zuber a peint une fresque en face de la Bibliothèque de la Ville de Namur et à l’entrée des Jardins du Maïeur. Dans cette réalisation, le mur a été conçu comme une paroi de verre permettant de redécouvrir, d’un point précis, deux arbres dans leur intégralité.

Une seconde peinture murale a été réalisée à Salzinnes sur le complexe culturel abritant à la fois le Cinéma d’art et essai Forum, la galerie d’art contemporain Short Cuts et la bibliothèque de Salzinnes. Originaire de Serbie, l’artiste Gala Caki s’est basée sur sa vision des paysages urbains, de l’architecture namuroise et de la Citadelle de Namur. Après des expositions à Berlin, à Amsterdam, à Lisbonne, en Croatie, au Danemark…, Gala Caki exposera en 2014 au Musée National de Belgrade.

Une troisième réalisation vient de s’achever à l’entrée du Cinéma Forum. L’artiste Karen Vermeren a conçu une peinture murale directement inspirée par l’architecture, les volumes et les souvenirs du lieu : les piliers, les portes au look art déco et aussi les vestiges de la petite fenêtre ouvrant à l’origine sur l’espace de vente des tickets de cinéma.
Cette artiste interroge dans son œuvre les notions de paysage, les cycles naturels, les évolutions, la place de l’homme dans la nature … toujours sur base de ses voyages personnels.

Karen Vermeren Sarkofagen in Le Forum (2014)
Dans son travail, les aspects du cadrage, du regard, de la lumière, des reflets, de la profondeur de champ sont très présents ce qui d’une certaine manière la rapproche de questionnements cinématographiques…Pour cette réalisation, Karen Vermeren s’est inspirée des paysages du glacier Sarkofagen qui se situe au Spitsberg, une île norvégienne de l’océan Arctique qu’elle a visitée au cours de l’été 2013. Les affleurements de ses couches géologiques et les fossiles qu'elles contiennent permettent de mieux comprendre la tectonique des plaques. Cette île abrite la « ville » habitée la plus au nord de la planète, Longyearbyen ainsi que le Svalbard Global Seed Vault (Chambre forte mondiale de graines ), une énorme chambre froide contenant des échantillons de l'ensemble des graines vivrières de la planète.
Le nom du glacier Sarkofagen renvoie à une forme particulière de calcaire qui accélère les processus de décomposition et d’évolution.
Dans sa démarche artistique, Karen Vermeren laisse volontairement transparaitre à certains endroits des états antérieurs de peinture du mur sur lequel elle a travaillé. De cette manière, elle veut mettre en évidence l’aspect du glacier, sa stratification et sa métamorphose dans le temps.
Elle suggère aussi les transformations constantes des paysages par les contours de sa peinture.
Karen Vermeren tisse dans son travail des liens entre l’ici et l’ailleurs, met en lumière les mutations, révèle les évolutions des paysages et questionne toujours, dans ceux-ci, la place de l’homme.
Paradoxalement, celui-ci est toujours central et omniprésent, malgré son absence de représentation, dans les réalisations de Karen Vermeren. Du Spitsberg à Salzinnes, les questionnements face à la nature et à l’humanité sont semblables.

Karen Vermeren- Sarkofagen in Le Forum (2014)
Née en 1982, Karen Vermeren qui a exposé dans de nombreux lieux dont le SMAK vient notamment de participer à « Coup de ville », un événement artistique international qui a investi l’espace urbain de Sint-Niklaas.
Du 4 avril au 25 mai 2014, Karen Vermeren présentera également deux expositions à Namur pour l’asbl Lieux-Communs, en solo dans les vitrines de la gare de Namur et en duo avec Kathleen Vinck à la Galerie Short Cuts.

Karen Vermeren précise sa démarche : « Je tente de rendre en images ma fascination pour les éboulements, failles et mouvements de la terre au travers des médiums du dessin et de la peinture qui peuvent aussi bien se combiner que se repousser. J’essaie de créer des couches et de donner de la profondeur à la surface. Je questionne mon rapport au lieu, la profondeur de champ que mon regard peut embrasser, l’influence de telle ou telle caractéristique physique. Je veux donner forme aux variations de température, d’humidité, d’obscurité. J’engendre des abstractions à partir de phénomènes naturels.
Le cadrage d’une image me fascine donc en tant que frontière et vide mais aussi comme ce qui ne peut être percé. »


Lieux-Communs is een artistiek platform in Namen en is lid van Réseau d'art contemporain 50° Nord. Lieux-Communs presenteert hedendaagse kunst buiten de gebruikelijke plaatsen. Naast de permanente tentoonstellingsruimte in het station van Namen en in Galerie Short Cuts, gebruikt Lieux-Communs ook tijdelijke tentoonstellingsplekken in de stad.
Daarnaast neemt Lieux-Communs ook initiatief voor kunst in de publieke ruimte, met muurschilderijen, artistieke interventies en permanente werken in Namen. Eerder werden al werken van Ania Zuber en Gala Caki gerealiseerd. Een derde realisatie is van de hand van kunstenares Karen Vermeren, die een muurschilderij heeft gemaakt voor de ingang van Cinéma Forum. De muurschilderij is geïnspireerd door de architectuur, het volume en de herinneringen van de plek.

mercredi 1 janvier 2014

Stéphanie Roland "La Cité idéale"


L’asbl Lieux-Communs présente, du 10 janvier au 21 février 2014,  à la Galerie Short Cuts l’exposition « La Cité idéale » de la photographe Stéphanie Roland. Pendant l'exposition à Namur, elle a été choisie par Simon Baker, conservateur pour la photographie et l'art international à la Tate Modern (Londres) comme une des 10 nominées au prix international HSBC pour la photographie 2014. 
  
L’utopie, terme inventé par Tomas More en 1516, et la quête d’une cité idéale, sont des concepts très présents dans la création littéraire, le débat politique, les réflexions artistiques et architecturales en Occident, particulièrement depuis le XIXème  siècle.
 


« Le XXe siècle n’a pas été tendre avec l’utopie : d’une part, il a eu raison de la croyance en un progrès continu et automatique, en montrant, en particulier avec le nazisme, que de brutales régressions vers la barbarie sont toujours possibles ; d’autre part, la grande utopie alternative de la construction de la société communiste n’a pas tenu ses promesses. D’autres utopies ont pourtant déjà pris le relais, selon des modalités très variées. Au tournant du millénaire, l’extraordinaire développement des techniques de traitement de l’information paraît réactiver les espérances utopiques : des possibilités d’expression et d’échange sont massivement offertes aux internautes dans des conditions de très grande liberté, et certains pensent qu’une nouvelle forme "d'intelligence collective” aux dimensions planétaires est en train d’émerger. D’autres utopies, portant sur les manières d’habiter, de travailler, de vivre ensemble, surgissent de manière récurrente, pour aller au-delà des modèles dominants. Quoi qu’on en pense, il est clair que la démarche utopique n’est pas près de s’éteindre, et que "l’imagination sociale” est une dimension constitutive de la vie en commun»  
Lyman Tower Sargent « Utopie, la quête de la société idéale en Occident »

C’est cette vaste thématique que la photographe Stéphanie Roland a choisi d’explorer dans son exposition « La Cité idéale ».
Incarnation intellectuelle et physique de l’utopie, le terme de Cité idéale  signifie une ville qui est développée conceptuellement avant d’être construite physiquement.
Sa construction est le résultat d’une volonté intellectuelle unifiée, contrairement aux Cités spontanées, qui se développent graduellement sur base de nombreuses décisions différentes, donc parfois de manière organique et anarchique. Du point de vue de Stéphanie Roland, ce paradoxe peut aussi être une métaphore de la construction mentale d’une image ainsi que des choix artistiques que cette construction implique.
 

Le projet Ideal city se développe autour de ce paradoxe et traite donc des notions d’utopie, de dystopie et d’anticipation. La représentation de l’avenir révèle beaucoup sur notre présent et notre rapport à notre propre société. La science-fiction met en lumière des questions existentielles actuelles: la survie dans un monde post-apocalyptique, la représentation muséale de notre civilisation, l’observation de l’ailleurs, des étoiles et des galaxies ainsi que la perception de l’infini.
 

Stéphanie Roland présente, à la Galerie Short Cuts, ce projet qui est le fruit d’un travail récemment réalisé  lors d’une résidence d’artiste dans un village espagnol isolé du monde.
Le concept de fiction est central dans ce travail, il est présent à la fois dans la thématique et également dans les procédés de création des photographies, ce qui les rend presque tautologiques, cette science-fictionnalisation  de l’image agit au sein même du medium photographique. Ces images créent un doute chez l’observateur et distillent la sensation d’un paradoxe temporel.

Formée à La Cambre, Stéphanie Roland brouille les frontières ainsi que  les repères traditionnels entre la réalité et la fiction, dans ses travaux photographiques, ses installations et ses vidéos
Elle introduit une forme d’irréalité et de mystère qui crée un univers troublant et dérangeant.
Dans sa série précédente Enfants modèles, elle revisitait de manière sombre, hypnotique  et inquiétante le monde de l’enfance.
« J’utilise la photographie et les moyens de communication contemporains (retouches photo, programmation informatique, réseaux sociaux) pour appréhender, sous de nouvelles perspectives, des thématiques telles que la mort, la mémoire ou l’autorité. Mon objectif est de créer un corpus de travail qui brouille les repères et différences entre réalité et fiction photographique et recrée donc une nouvelle réalité photographique où la notion classique de temps s’est brouillée »
 
Elle a réalisé des expositions personnelles au Botanique, à la Résidence Corazón (Buenos Aires), à la Fondation Forum (Tarragone).
Pour Lieux-communs, elle avait déjà participé à une exposition à l’église Saint-Loup de Namur « Les Confessions » en compagnie notamment de Koen Vanmechelen.
Elle a participé à des expositions collectives en Espagne, aux Etats-Unis, en Finlande, en France, en Pologne, en Roumanie…
Lauréate de plusieurs prix, elle vient d’obtenir en 2013 deux bourses de la Fondation Vocatio et de la Fondation Spes.

 
Galerie Short Cuts- Cinéma Forum

Rue du belvédère, 41 à 5000 Namur

mercredi de 14 à 21h
jeudi 18 à 21h
vendredi 18 à 21h
samedi 14 à 21h
 dimanche 14 à 20h

 Entrée Libre

 
" Intellectual and physical incarnation of Utopia, the term Ideal city
means a city which is conceptually developed before being physically built, and its foundation is the result of a unified intellectual will.
Unlike the spontaneous cities, which develop gradually as needed
depending on many decisions, so organically and sometimes anarchic. In my sense that paradox can also be a metaphor for the mental construction of a picture as well as the artistic choices that this construction involves. The serie Ideal city therefore deals with utopia, distopia and anticipation.
I'm interested in how the representation of Future can reveal us a lot about our Present. Diverse science fiction topics bring to light actual existencial issues: the character searching to survive in a post-apocalyptic world, the representation of our civilisation as an antique, a world transformed by meteorological changes.
In this serie, my works blurs the boundaries between reality and fiction, I create a tautologic science-fictionalisation of the pictures inside the medium itself.
I collaborate with scientists and make researchs in order to connect Art and Science. I specially focus on all technology that can enrich classical ways to create pictures while remaining in the field of the photographic mimesis."
Stéphanie Roland