mardi 4 novembre 2014

Jeune création 2014 : le Coup de coeur Lieux-Communs est attribué à Julie Brusley


L'asbl Lieux-Communs a noué un partenariat avec l’association française Jeune Création.Depuis 65 ans, celle-ci a pour vocation de promouvoir les artistes émergents issus de la scène contemporaine internationale. Jeune Création fédère un important réseau de professionnels du monde de l’art : artistes, galeristes, journalistes, collectionneurs, critiques d’art, commissaires d’exposition, etc. Cette association organise notamment chaque année à Paris une exposition au cours de laquelle différents prix sont attribués.  L'édition 2014 a réuni une sélection de 53 artistes choisis suite à un appel à candidatures international auquel ont répondu environ 3000 artistes.Elle s'est déroulée au 104 à Paris.Pour l’édition 2014, un nouveau prix a été créé : le Coup de cœur Lieux-Communs qui a été attribué à Julie Brusley. 
http://juliebrusley.com

"L’œuvre de Julie Brusley invite à l’expérience physique et perceptuelle de l’espace. Par la performance, la sculpture et l’installation, la notion de frontière est constamment troublée. L’artiste articule une réflexion entre construction et déconstruction, intérieur et extérieur, architecture et paysage. Ainsi, une caravane est totalement retournée, un abri est sculpté à même un tas de bûches de bois. Les matériaux de construction servent à une relecture et une reformulation de l’espace."
Texte de Julie Crenn

Julie Brusley

Les autres prix sont : 
- Prix Jeune Création-SYMEV : Oriane Amghar
- Prix Boesner :Pieter van der Schaaf
- Prix Résidence : Johan Decaix
- Coup de cœur Art [ ] Collector :Daria Reymond et Thibault Brunet


 
Julie Brusley
  
Julie Brusley
 
 
Julie Brusley
 
 
Julie Brusley
 
Julie Brusley

samedi 7 juin 2014

Masha Sha - Oeuvres vidéo

Née en 1982 en Russie, Masha Sha obtient un diplôme à la Fondation des Arts et de la Culture de Saint-Petersbourg (New Media Art Studies) en 2005 puis, de 2007 à 2009, étudie  à l’Université de Buffalo (New-York). Elle est la lauréate en 2006 du prix prestigieux "New Generation / jeune artiste", un concours national d’art contemporain en Russie.

 
Suite à ce prix, ses œuvres sont notamment exposées au Musée russe de Saint-Pétersbourg, au MMOMA (Moscou), au Palais de Tokyo (Paris), à l’ « International Centre of Photography » (New York) et dans de nombreux centres d’art aux Etats-Unis…Elle vient également de participer à la première biennale d’art contemporain de Kiev. Son travail artistique est présenté dans de nombreuses expositions et festivals internationaux (Argentine, Brésil, Irlande, Italie, Norvège, Suède, Suisse …)
Son œuvre très personnelle questionne l'essence de l'être humain. Outre la vidéo, son travail artistique est composé de dessins.

 
La sélection de vidéos présentées à la Galerie Short Cuts est la première exposition de l’artiste en Belgique. Souvent brutales et violentes, courtes (2 à 7 minutes), les vidéos de Masha Sha évoquent les performances de Marina Abramović dans lesquelles le corps féminin est volontairement le sujet d’expérimentations. Sans narration, les histoires de Masha Sha sont sensorielles et émotionnelles. La vidéaste nous invite dans sa propre réalité, sans temps ni lieu identifiable, dans l’univers kafkaïen de la vie urbaine où l’individu se heurte à l’absurdité, aux phobies, aux désirs et angoisses de sa propre existence. 

 « Mes histoires sont plus émotionnelles que narratives. C'est pourquoi il est impossible de dire avec certitude de quoi elles parlent. Mes expériences émotionnelles rencontreront les vôtres. Il se peut qu'elles vous affectent lorsque vous les regarderez. Pour moi, il est particulièrement important de permettre au spectateur de se sentir libre d'interpréter mes vidéos, de les ressentir individuellement. J'aime que les vidéos soient comprises de différentes façons, que certains spectateurs disent qu'ils ressentent la même chose que ce qu'ils voient, alors que d'autres disent: "Stop! C'est affreux!". Je suis moi-même dans un état d'esprit particulier lorsque je fais mon travail. Ce n'est pas normal, pas ordinaire mais je sais pourquoi je mâche la terre, suffoque, avale de la peinture, ou fais sortir mes sentiments "intérieurs" (dans la plupart des cas je suis actrice de mes films). Mais qu'est-ce que la norme?
Une autre chose très importante à mes yeux est que l'art est une révélation. C'est une chose incroyablement agréable, et en même temps  douloureuse. Si on a été d'une franchise indécente avec quelqu'un, on se sent généralement mal à l'aise ensuite comme si en montrant ses cartes on se dévoilait trop soi-même. Et après, on pense que c'était un moment de faiblesse, et qu'on doit être fort et ne pas montrer ses sentiments. Tout le monde veut être fort ou veut que chacun pense qu'il l'est. Mais c'est audacieux de se montrer soi-même! C'est audacieux d'être franc!
Le sujet principal de mon travail est l'être humain. L'être humain est composé d'émotions et de sentiments. Sa vie est faite de l'éternelle recherche de ce qui est réel et véridique, de la lutte pour la liberté. Il éprouve  la dualité du corps et de l'âme, la corporalité et son dépassement,  la solitude, la vulnérabilité, les relations compliquées, le temps, la vie et la mort. Mes films vidéo parlent de l'être humain qui essaie de comprendre ce qui arrive autour de lui, en lui et sans lui. Qu'est-ce que l'être humain? Qui suis-je ?
 
Exposition du 30 mai au 29 juin 2014

Galerie Short Cuts
 
mercredi de 14 à 21h
jeudi 18 à 21h
vendredi 18 à 21h
samedi 14 à 21h
 dimanche 14 à 20h
Entrée Libre

dimanche 30 mars 2014

Karen Vermeren - Katleen Vinck "Sarkofagen"


 
Dans la foulée de la fresque réalisée au début de l’année à l’entrée du Cinéma Forum, Karen Vermeren présente une exposition en duo avec Katleen Vinck à la Galerie Short Cuts.
Intitulée « Sarkofagen », cette exposition se déroule du 5 avril au 25 mai 2014 et tisse véritablement des liens entre les approches artistiques de ces deux plasticiennes. La scénographie d’exposition est globale : vidéo, rétroprojecteurs, sculptures redessinent l’espace et plongent la Galerie Short Cuts dans une ambiance hypnotique.

 
En même temps, les vitrines de l’aile droite de la gare de Namur sont également investies par Karen Vermeren et ses représentations des glaciers du Spitsberg.
 
Karen Vermeren - Sarkofagen (Lieux-Communs - Gare de Namur)
 
Karen Vermeren interroge dans son œuvre les notions de paysage, les cycles naturels, les évolutions, la place de l’homme dans la nature … toujours sur base de ses voyages personnels. Dans son travail, les aspects du cadrage, du regard, de la lumière, des reflets, de la profondeur de champ sont très présents ce qui d’une certaine manière la rapproche de questionnements cinématographiques…Pour cette réalisation, Karen Vermeren s’est inspirée des paysages du glacier Sarkofagen qui se situe au Spitsberg, une île norvégienne de l’océan Arctique qu’elle a visitée au cours de l’été 2013. Les affleurements de ses couches géologiques et les fossiles qu'elles contiennent permettent de mieux comprendre la tectonique des plaques. Cette île abrite la « ville » habitée la plus au nord de la planète, Longyearbyen. Le nom du glacier Sarkofagen renvoie à une forme particulière de calcaire qui accélère les processus de décomposition et d’évolution. Karen Vermeren tisse dans son travail des liens entre l’ici et l’ailleurs, met en lumière  les mutations, révèle les évolutions des paysages et questionne toujours, dans ceux-ci, la place de l’homme. Paradoxalement, celui-ci est toujours central et omniprésent, malgré son absence de représentation, dans les réalisations de Karen Vermeren.
Du Spitsberg à Namur, les questionnements face à la nature et à l’humanité sont semblables.
 
Katleen Vinck crée des installations, des constructions sculpturales, ainsi que des vidéos. Elle a étudié l'architecture, la peinture et la vidéo à l'Académie royale d’Anvers.
Ses sculptures et ses installations sont des combinaisons 'étranges' d'éléments architecturaux, de paysages et d’artefacts évocateurs de meubles. Pourtant leur fonction précise ou leur signification demeurent énigmatiques. Dans sa création artistique, elle utilise des  archives photographiques de grottes sanctuaires comme celle de Lourdes, de bunkers et d'autres constructions atypiques. Elle les trouve intéressantes à cause de leur nature artificielle qui cherche néanmoins à se fondre dans l’environnement. Katleen Vinck imite l'imitation et son travail est nourri de l’étude des liaisons dangereuses entre le naturel et l'artificiel. L'acceptation de l’inauthentique devient  une réponse à la quête incertaine' d'authenticité. Autrement dit : ce qui n'existe pas, existe jusqu'à un certain degré et, au contraire, ce qui existe, n'existe pas. Pour l’exposition Sarkofagen, Katleen Vinck présente une vidéo et une installation sculpturale.

Katleen Vinck - Sarkofagen

Karen Vermeren


Galerie Short Cuts
 
mercredi de 14 à 21h
jeudi 18 à 21h
vendredi 18 à 21h
samedi 14 à 21h
dimanche 14 à 20h
 
Entrée Libre
 
Vitrine artistique Lieux-Communs
Namur
 



jeudi 20 février 2014

Annabel Werbrouck "Les amants"


Après ses expositions en 2013 au Musée de la photographie de Charleroi et à Arles, Annabel Werbrouck présente à Namur, du 22 février jusqu’au 28 mars 2014, sa nouvelle série « Les amants ». 
 

Un hôtel dans un lieu incertain, deux personnes qui s'aiment ou se sont aimées, se retrouvent dans la chambre 106…
Annabel Werbrouck ajoute: « Cette série est une compilation, sous forme narrative, de photos que j’ai réalisées à différents moments, ainsi que certains recadrages de négatifs que j’ai trouvés dans le grenier de mes parents. J’ai essayé d’en faire une narration suggestive, dans la réserve et la pudeur. »
Le spectateur est un témoin à distance et la liberté est laissée à chacun d’imaginer sa propre histoire.


"A la base, ce qui m'a amenée à la photographie, c'est une envie de montrer ce qui ne se voit pas si on prend pas la peine de regarder", explique-t-elle. "Une envie de montrer l'intimité, l'humanité de différentes couches de la population, bien souvent en marge de la société. Aller à la rencontre des gens, de leur vie, de leur quotidien."
 
 
 
Dans différentes séries photographiques, elle cherche à montrer l'intimité d'un habitat et de ses occupants avec tendresse et réalisme : « Si les natures mortes révèlent toujours avec poésie les recoins des habitats, je veux surtout montrer le soin mis par chacun pour faire de son environnement le reflet de soi-même, de ses passions et de son histoire.»
 

Lovers”
"A hotel in an unknown location, two persons who love or loved each other, meet in room 106…
With a narrative form, this photographic series is a compilation of photos I’ve taken on different occasions mixed with some old negatives I’ve found in my parent’s attic. I made sure to tell a suggestive story from this content, with reserve and modesty.
We are witnesses from afar and the freedom is for everyone to imagine its own story." Annabel Werbrouck

After finishing her license in Geography at the ULB (University Libre de Bruxelles), Annabel Werbrouck completed her studies at the School of Photography Agnès Varda.
At first a great part of her work was centred on social photography, which allowed her to discover some worlds normally not so easily accessible. She felt herself interested in people living on the margins of society, a “category” of the society she depicts in photographic series such as the one she made on people who live in trailer parks, on a housing project or on those child-headed households in Ethiopia for instance.
Following a dramatic milestone event in her life a few months ago, she turned herself towards a more intimate & personal kind of photography, with those two latest photographic series « Un matin… » and « Les amants ».

mardi 18 février 2014

Sarah Trouche - retrospective vidéographique

L’asbl Lieux-Communs présente, du 22 février au 28 mars 2014,  à la Galerie Short Cuts une rétrospective de vidéos de la plasticienne Sarah Trouche.
 

Née à Bordeaux en 1983, Sarah Trouche a étudié aux Beaux- Arts (Paris) et a complété sa formation par un Master à Los Angeles et un second à Londres. Son travail s'articule autour de nombreux voyages qui l'amènent à la rencontre de groupes allant de la microsociété à des sociétés mondialisées. Elle y mène en permanence une réflexion critique qui révèle les ambiguïtés ainsi que les contradictions sociales et politiques de ces sociétés.Sarah Trouche se revendique performeuse. A travers le corps, sa pratique artistique  tente de décrire les écueils de l’Histoire, celles de pays ou régions marqués par les tensions, les échecs et les conflits. Ceux-ci sont  tout autant environnementaux que sociaux ou politiques.
 

        De Berlin au Brésil, de la Cisjordanie à la Chine, Sarah Trouche nous donne à lire un carnet de bord, un journal intime qui ouvre à la réflexion sur le monde. Le corps, envisagé comme une arme qui signe les premières lettres d’un acte engagé, devient une force pour résister. les vidéos et les photographies laissent une trace permanente de ces performances. Celles-ci ont été exposées dans de nombreuses institutions artistiques à Los Angeles, Taipei, Lijang , Beijing, Londres , Miami, Paris  et New York ainsi que lors de plusieurs résidences artistiques à Tel Aviv , Jérusalem, Milan, Berlin et en Chine .

 
Elle présente à Namur une rétrospective vidéographique de dix performances réalisées en Chine, en Corée, Taiwan, Macédoine … dont « Aral Revival » réalisée en 2013 au Kazakhstan dans le cimetière aux bateaux de la ville d'Aralsk.
A la suite d’une catastrophe écologique sans précèdent qui a fait disparaître près de 80 % de la mer d’Aral, le Kazakhstan souhaite au moyen d’un chantier très ambitieux faire revivre cette mer. Cette perspective de renaissance est porteuse d’espoir pour tous les habitants de la région. Le matériau principal du travail de Sarah Trouche est constitué des souvenirs évoqués par les habitants d’Aralsk, ancienne ville portuaire et prospère. C'est donc à partir de « petites mémoires » que Sarah va chercher à mettre en évidence les malaises apparus à la suite de ce désastre écologique au sein de la population locale. Dans son processus de création performative, Sarah a élaboré à partir d’objets évoquant la mer, en pleine steppe un paysage maritime vivant. Elle a utilisé la couleur bleue pour mieux souligner la référence à la montée des eaux et à la couleur du drapeau national. Le travail se veut donc engagé : culturellement, politiquement et écologiquement car c’est aussi l’État qui a laissé la mer se vider. L'eau, symbole de notre société d'abondance, de notre hédonisme, continue de nous inspirer des rites de régénérescence et de vitalité. Mais, au-delà des mythologies narratives sur l'eau, désirée et purifiante, l'eau reste ce dont la vie de chacun dépend. Elle est devenue un sujet capital pour le monde du XXIe siècle: une force naturelle, une matière première plus qu'un mythe, une arme parfois plus qu'un droit humain.
Sa performance illustre, ainsi que le souligne l’artiste, le propos de Walter Benjamin : « L'humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre »

jeudi 16 janvier 2014

Karen Vermeren - Sarkofagen - intégration artistique permanente

Lieux-Communs axe son attention sur l’art urbain et insère dans l’espace namurois des peintures murales, des interventions artistiques, des œuvres permanentes, reflets de la création contemporaine nationale et internationale.

Depuis 2012, trois œuvres ont été réalisées et sont les bases d’un maillage artistique contemporain au quotidien de la ville de Namur.
L’artiste polonaise Ania Zuber a peint une fresque en face de la Bibliothèque de la Ville de Namur et à l’entrée des Jardins du Maïeur. Dans cette réalisation, le mur a été conçu comme une paroi de verre permettant de redécouvrir, d’un point précis, deux arbres dans leur intégralité.

Une seconde peinture murale a été réalisée à Salzinnes sur le complexe culturel abritant à la fois le Cinéma d’art et essai Forum, la galerie d’art contemporain Short Cuts et la bibliothèque de Salzinnes. Originaire de Serbie, l’artiste Gala Caki s’est basée sur sa vision des paysages urbains, de l’architecture namuroise et de la Citadelle de Namur. Après des expositions à Berlin, à Amsterdam, à Lisbonne, en Croatie, au Danemark…, Gala Caki exposera en 2014 au Musée National de Belgrade.

Une troisième réalisation vient de s’achever à l’entrée du Cinéma Forum. L’artiste Karen Vermeren a conçu une peinture murale directement inspirée par l’architecture, les volumes et les souvenirs du lieu : les piliers, les portes au look art déco et aussi les vestiges de la petite fenêtre ouvrant à l’origine sur l’espace de vente des tickets de cinéma.
Cette artiste interroge dans son œuvre les notions de paysage, les cycles naturels, les évolutions, la place de l’homme dans la nature … toujours sur base de ses voyages personnels.

Karen Vermeren Sarkofagen in Le Forum (2014)
Dans son travail, les aspects du cadrage, du regard, de la lumière, des reflets, de la profondeur de champ sont très présents ce qui d’une certaine manière la rapproche de questionnements cinématographiques…Pour cette réalisation, Karen Vermeren s’est inspirée des paysages du glacier Sarkofagen qui se situe au Spitsberg, une île norvégienne de l’océan Arctique qu’elle a visitée au cours de l’été 2013. Les affleurements de ses couches géologiques et les fossiles qu'elles contiennent permettent de mieux comprendre la tectonique des plaques. Cette île abrite la « ville » habitée la plus au nord de la planète, Longyearbyen ainsi que le Svalbard Global Seed Vault (Chambre forte mondiale de graines ), une énorme chambre froide contenant des échantillons de l'ensemble des graines vivrières de la planète.
Le nom du glacier Sarkofagen renvoie à une forme particulière de calcaire qui accélère les processus de décomposition et d’évolution.
Dans sa démarche artistique, Karen Vermeren laisse volontairement transparaitre à certains endroits des états antérieurs de peinture du mur sur lequel elle a travaillé. De cette manière, elle veut mettre en évidence l’aspect du glacier, sa stratification et sa métamorphose dans le temps.
Elle suggère aussi les transformations constantes des paysages par les contours de sa peinture.
Karen Vermeren tisse dans son travail des liens entre l’ici et l’ailleurs, met en lumière les mutations, révèle les évolutions des paysages et questionne toujours, dans ceux-ci, la place de l’homme.
Paradoxalement, celui-ci est toujours central et omniprésent, malgré son absence de représentation, dans les réalisations de Karen Vermeren. Du Spitsberg à Salzinnes, les questionnements face à la nature et à l’humanité sont semblables.

Karen Vermeren- Sarkofagen in Le Forum (2014)
Née en 1982, Karen Vermeren qui a exposé dans de nombreux lieux dont le SMAK vient notamment de participer à « Coup de ville », un événement artistique international qui a investi l’espace urbain de Sint-Niklaas.
Du 4 avril au 25 mai 2014, Karen Vermeren présentera également deux expositions à Namur pour l’asbl Lieux-Communs, en solo dans les vitrines de la gare de Namur et en duo avec Kathleen Vinck à la Galerie Short Cuts.

Karen Vermeren précise sa démarche : « Je tente de rendre en images ma fascination pour les éboulements, failles et mouvements de la terre au travers des médiums du dessin et de la peinture qui peuvent aussi bien se combiner que se repousser. J’essaie de créer des couches et de donner de la profondeur à la surface. Je questionne mon rapport au lieu, la profondeur de champ que mon regard peut embrasser, l’influence de telle ou telle caractéristique physique. Je veux donner forme aux variations de température, d’humidité, d’obscurité. J’engendre des abstractions à partir de phénomènes naturels.
Le cadrage d’une image me fascine donc en tant que frontière et vide mais aussi comme ce qui ne peut être percé. »


Lieux-Communs is een artistiek platform in Namen en is lid van Réseau d'art contemporain 50° Nord. Lieux-Communs presenteert hedendaagse kunst buiten de gebruikelijke plaatsen. Naast de permanente tentoonstellingsruimte in het station van Namen en in Galerie Short Cuts, gebruikt Lieux-Communs ook tijdelijke tentoonstellingsplekken in de stad.
Daarnaast neemt Lieux-Communs ook initiatief voor kunst in de publieke ruimte, met muurschilderijen, artistieke interventies en permanente werken in Namen. Eerder werden al werken van Ania Zuber en Gala Caki gerealiseerd. Een derde realisatie is van de hand van kunstenares Karen Vermeren, die een muurschilderij heeft gemaakt voor de ingang van Cinéma Forum. De muurschilderij is geïnspireerd door de architectuur, het volume en de herinneringen van de plek.

mercredi 1 janvier 2014

Stéphanie Roland "La Cité idéale"


L’asbl Lieux-Communs présente, du 10 janvier au 21 février 2014,  à la Galerie Short Cuts l’exposition « La Cité idéale » de la photographe Stéphanie Roland. Pendant l'exposition à Namur, elle a été choisie par Simon Baker, conservateur pour la photographie et l'art international à la Tate Modern (Londres) comme une des 10 nominées au prix international HSBC pour la photographie 2014. 
  
L’utopie, terme inventé par Tomas More en 1516, et la quête d’une cité idéale, sont des concepts très présents dans la création littéraire, le débat politique, les réflexions artistiques et architecturales en Occident, particulièrement depuis le XIXème  siècle.
 


« Le XXe siècle n’a pas été tendre avec l’utopie : d’une part, il a eu raison de la croyance en un progrès continu et automatique, en montrant, en particulier avec le nazisme, que de brutales régressions vers la barbarie sont toujours possibles ; d’autre part, la grande utopie alternative de la construction de la société communiste n’a pas tenu ses promesses. D’autres utopies ont pourtant déjà pris le relais, selon des modalités très variées. Au tournant du millénaire, l’extraordinaire développement des techniques de traitement de l’information paraît réactiver les espérances utopiques : des possibilités d’expression et d’échange sont massivement offertes aux internautes dans des conditions de très grande liberté, et certains pensent qu’une nouvelle forme "d'intelligence collective” aux dimensions planétaires est en train d’émerger. D’autres utopies, portant sur les manières d’habiter, de travailler, de vivre ensemble, surgissent de manière récurrente, pour aller au-delà des modèles dominants. Quoi qu’on en pense, il est clair que la démarche utopique n’est pas près de s’éteindre, et que "l’imagination sociale” est une dimension constitutive de la vie en commun»  
Lyman Tower Sargent « Utopie, la quête de la société idéale en Occident »

C’est cette vaste thématique que la photographe Stéphanie Roland a choisi d’explorer dans son exposition « La Cité idéale ».
Incarnation intellectuelle et physique de l’utopie, le terme de Cité idéale  signifie une ville qui est développée conceptuellement avant d’être construite physiquement.
Sa construction est le résultat d’une volonté intellectuelle unifiée, contrairement aux Cités spontanées, qui se développent graduellement sur base de nombreuses décisions différentes, donc parfois de manière organique et anarchique. Du point de vue de Stéphanie Roland, ce paradoxe peut aussi être une métaphore de la construction mentale d’une image ainsi que des choix artistiques que cette construction implique.
 

Le projet Ideal city se développe autour de ce paradoxe et traite donc des notions d’utopie, de dystopie et d’anticipation. La représentation de l’avenir révèle beaucoup sur notre présent et notre rapport à notre propre société. La science-fiction met en lumière des questions existentielles actuelles: la survie dans un monde post-apocalyptique, la représentation muséale de notre civilisation, l’observation de l’ailleurs, des étoiles et des galaxies ainsi que la perception de l’infini.
 

Stéphanie Roland présente, à la Galerie Short Cuts, ce projet qui est le fruit d’un travail récemment réalisé  lors d’une résidence d’artiste dans un village espagnol isolé du monde.
Le concept de fiction est central dans ce travail, il est présent à la fois dans la thématique et également dans les procédés de création des photographies, ce qui les rend presque tautologiques, cette science-fictionnalisation  de l’image agit au sein même du medium photographique. Ces images créent un doute chez l’observateur et distillent la sensation d’un paradoxe temporel.

Formée à La Cambre, Stéphanie Roland brouille les frontières ainsi que  les repères traditionnels entre la réalité et la fiction, dans ses travaux photographiques, ses installations et ses vidéos
Elle introduit une forme d’irréalité et de mystère qui crée un univers troublant et dérangeant.
Dans sa série précédente Enfants modèles, elle revisitait de manière sombre, hypnotique  et inquiétante le monde de l’enfance.
« J’utilise la photographie et les moyens de communication contemporains (retouches photo, programmation informatique, réseaux sociaux) pour appréhender, sous de nouvelles perspectives, des thématiques telles que la mort, la mémoire ou l’autorité. Mon objectif est de créer un corpus de travail qui brouille les repères et différences entre réalité et fiction photographique et recrée donc une nouvelle réalité photographique où la notion classique de temps s’est brouillée »
 
Elle a réalisé des expositions personnelles au Botanique, à la Résidence Corazón (Buenos Aires), à la Fondation Forum (Tarragone).
Pour Lieux-communs, elle avait déjà participé à une exposition à l’église Saint-Loup de Namur « Les Confessions » en compagnie notamment de Koen Vanmechelen.
Elle a participé à des expositions collectives en Espagne, aux Etats-Unis, en Finlande, en France, en Pologne, en Roumanie…
Lauréate de plusieurs prix, elle vient d’obtenir en 2013 deux bourses de la Fondation Vocatio et de la Fondation Spes.

 
Galerie Short Cuts- Cinéma Forum

Rue du belvédère, 41 à 5000 Namur

mercredi de 14 à 21h
jeudi 18 à 21h
vendredi 18 à 21h
samedi 14 à 21h
 dimanche 14 à 20h

 Entrée Libre

 
" Intellectual and physical incarnation of Utopia, the term Ideal city
means a city which is conceptually developed before being physically built, and its foundation is the result of a unified intellectual will.
Unlike the spontaneous cities, which develop gradually as needed
depending on many decisions, so organically and sometimes anarchic. In my sense that paradox can also be a metaphor for the mental construction of a picture as well as the artistic choices that this construction involves. The serie Ideal city therefore deals with utopia, distopia and anticipation.
I'm interested in how the representation of Future can reveal us a lot about our Present. Diverse science fiction topics bring to light actual existencial issues: the character searching to survive in a post-apocalyptic world, the representation of our civilisation as an antique, a world transformed by meteorological changes.
In this serie, my works blurs the boundaries between reality and fiction, I create a tautologic science-fictionalisation of the pictures inside the medium itself.
I collaborate with scientists and make researchs in order to connect Art and Science. I specially focus on all technology that can enrich classical ways to create pictures while remaining in the field of the photographic mimesis."
Stéphanie Roland